THÉRÈSE. Un plan de Paris! SUZANNE Oui.. Mon oncle a été un peu étonné.. Quand jai eu le plan, oh! jai fait des travaux, des travaux considérables! Jai tiré des lignes avec une règle, jai pris des distances avec un compas, jai additionné, jai multiplié. Et, lorsque je croyais avoir trouvé la terrasse du prince, je plantais une épingle dans le plan ; puis, le lendemain, je forçais mon oncle à prendre la rue où devait se trouver la maison. Quil regardait comme moi dans une lunette. Je lai bien reconnu; il avait son habit bleu, avec ses moustaches THÉRÈSE. Et il demeure? SUZANNE. Mais je ne sais pas. Je ne lai vu que dans la lunette dapproche, vous comprenez. Cétait sans doute très loin, très loin, du côté de Saint-Sulpice. Quand je regardais avec mes yeux, je ne distinguais que du gris, avec les taches bleues des toits dardoises.. Jai même failli le perdre. La lunette a bougé, il ma fallu refaire un voyage épouvantable sur la mer des cheminées.. Maintenant, jai un point de repère, la girouette dune maison voisine de la nôtre JULES. Adieu, mon oncle. Il entre dans sa chambre, à droite. Ce quil y a de plus comique dans laffaire, cest que madame de Saint-André, après.le coup au coeur réglementaire, accueille avec des transports lyriques la révélation de Brochât. Elle embrasse son fils, elle pleure de joie. Vraiment, on a bien tardé pour lui causer ce plaisir. Ce qui est pénible, ce nest pas la situation ellemême, ce sont les développements que M. Sardou lui a donnés. On peut admettre que Fabrice, surpris avec Marcelle, perdant la tête, ne veuille Je suis toujours contente de croiser des amateurs de Zola et de pas entendre cest chiant Zola, quest-ce quelle sont longues ces descriptions Thérèse Raquin nest pas mon préféré non plus, pour linstant cela reste Lassomoir. Mais jen ai encore plein dautres à lire donc cela pourrait changer GRIVET. Lautre jour, je lai vu qui vendait des aiguilles, comme une demoiselle de magasin.. Eh! oh! une demoiselle de magasin avec delà barbe. Ilril,Laurent rentre vivement, loeil hagard, comme sil était poursuivi; il sappuie un instant contre Varmoire. CHAMORIN. Jétais très tendre, javais le coeur débordant dune tendresse que les années, aujourdhui, nont pu encore épuiser.
HORTENSE. Comment! cest vous qui me parlez ainsi, vous qui, hier encore, A7OUS traîniez à mes genoux! RIBALIER. Hier, sans doute. HORTENSE. Comme AOUS êtes brutal! Laissez-moi passer la nuit sur ce fauteuil, je vous regarderai dormir 5. ;A-j;fs ;.; Ecoutez ceci : Et voilà comme quoi je ne crois pas au rajeunissement, à la revivification du théâtre. Puis il ajoute, après avoir éntiméré toutes les raisons epii annoncent la disparition du théâtre : c Lart théâtral, le grand art français du passé, Part cle Corneille, de Racine, de Molière et de Beaumarchais, estdestiné, dans une cinquantaine dannées tout au plus, à de venir une grossière distraction, nayant plus rien de commun avec lécriture, le style, le bel esprit, quelque chose digne de prendre place entre des exercices de chiens savants et une exhibition do marionnettes à tirades. Dans cinquante ans, le livre aura tué le théâtre RIBALIER. Dabord, une femme adorable.. Jen ai connu, nest-ce pas? et des.blondes, et des brunes, des petites, des. Grandes, enfin toutes les Aariétés de lespèce.. Mais jamais je nen ai rencontré une aussi adorable.. Cette fois, M. Gondinet nous montre une galerie de portraits, tout un petit monde doriginaux quil nomme les tapageurs. Pour lui, le tapage, cest cette soif de réclame epii brûle nos temps modernes, cest cette vie jetée aux quatre venls de la publicité, celte course après la notoriété bruyante, ces réputations dun jour fondées sur les indiscrétions et les informations des journaux. Voilà Jordane qui se compromet dans le tapage des viveurs; son fils Raoul, élevé par lui en camarade, et epii limite dans lo monde tapageur des filles; le prince Orbeliani, qui vient à Paris jeter son argent par les fenêtres pour entendre le bruit quil fera on tombant sur le pavé; Cardonnat, le gredin pour lequel la réclame est un moyen dattrouper les dupes. Voilà enfin les seconds rôles : Balistrac, un ancien préfet qui a le besoin dentendre continuellement parler de lui; Saint-Chaînas, un député battant lui-même la grosse caisse autour de ses discours ; Puyjolet. Descourtois, dautres encore tous dévorés de lambition dêtre quelquun, de jouer un rôle, de lire chaque matin leurs noms dans les échos et les chroniques des feuilles du boulevard.
souviendraijitoujoursidul Paris, au cinquième acte de Jean de Thommeray, les quais senfonçant dans la nuit, avec leurs files de becs de gaz. Il est vrai que ce cinquième acte était très médiocre. Le décor semblait fait pour suppléer au vide du dialogue. Largument reste fâcheux aujourdhui, car, si lacte avait été bon, le décor ne laurait pas gâté, au contraire. Camille Raquin, fils de madame Raquin, cousin puis mari de Thérèse, assassiné sur la Seine par le couple damants, Laurent et Thérèse. De tempérament maladif et chétif. Comme elle est adorée. Elle lui dit bien quil aurait dû la prendre pour maîtresse plutôt que pour femme; seulement, on voit là un excès de passion. Quand le rideau tombe, on lignore toujours, on penche pour quelle soit une très bonne créature. Mais que le scélérat quelle a devant elle nest 1; certainement pas son père. Dès ce moment, Valentine nhésite plus à montrer le collier, et j Lazare est écrasé. Jean Renaud, epii se trouve là, f amené clu bagne sur un ordre du duc, cpie les g auteurs ont fait tout exprès gouverneur de Pro-y. Vence, sera réhabilité, et Adrienne épousera un c jeune officier, lequel sest montré chevaleresque, au point cl être très excité pendant tout le drame i par cette pensée humanitaire quil prendrait i quand même pour femme la fille dun forçat f innocent. Camille a un métier peu passionnant, mais il est fier de ce quil fait RIBALIER. Très bien.. Vous étiez content? CHAMORIN. Oh! content, dites, ravi :.. Alors, jai dissimulé, jai employé toutes mes heures disponibles à guetter ma femme. Il faut vous dire, monsieur, quHortense est une personne très fine. Je suis juste : elle ne vaut pas grandchose, mais elle est très fine.. Je lai donc guettée nuit e t jour.. Jai lair de macharner. Mais, en vérité, on nétudie pas assez ces morceaux-là. Cest une question dhygiène littéraire. Une fois pour toutes, on doit montrer que M. Sardounestcpiun Prudhomme de la forme, un Prudhomme qui a la danse de Saint-Guy, si vous voulez, mais un Prudhomme employant les locutions vicieuses, les expressions toutes faites, les sottises courantes. Je ne connais pas de langue bâclée dont les phrases traînent plus de scories.
CAMILLE, den bas, riant. Oh! ça, je te lo permets.. Tâche de plaire à Thérèse. Thérèse Raquin, Paris, Gallimard, coll. Folioplus classiques, 2013, 1867 RIBALIER. Voyons, mon ami BROCHARD. Des goûts de cannibale 1 FRANÇOISE. Si monsieur Aeut quon la remette deux minutes sur le gril? style, en dehors des peintures humaines, on demande les secousses dune intrigue. On sest habitué à la récréation dun spectacle mouvementé, la routine est venue,les pièces qui sortent du patron adopté paraissent ennuyeuses ou bizarres. Et ce nest pas seulement le gros public qui a besoin aujourdhui de ces parades de foiré, le public délicat lui-même a été atteint et réclame des oeuvres amusantes comme des histoires de revenants ou de voleurs. La littérature ne suffit plus, elle fait bâiller, réalisé par, avec Thérèse, Laurent et Camille, sorti en. Et puis, causons un peu de cette littérature qui relève les âmes. Où sont dabord les âmes quelle a relevées? En 1870, nous étions pleins.